Léonard Jean Charles GREINDL, naquit à Bruxelles le 22 Thermidor 9 août 1798 et y mourut le 24 février 1875.
Il repose aux côtés de son épouse dans l'allée centrale du cimetière de Watermael Boitsfort.
Il entra à l'armée le 11 mars 1814 comme sous-lieutenant, et fut confirmé dans son grade le 6 avril 1815.
Voici la copie de ses états de service établis par le Ministère de la Guerre :
Aux Pays-Bas
- 6 avril 1815 : Sous-lieutenant au 41ème Bataillon de Milice nationale.
- 16 août 1822 : Lieutenant à la 15ème division d'infanterie.
- 21 juillet 1828 : Désigné pour la 3ème division d'infanterie.
- 1er octobre 1830 : Passé au service de la Belgique.
En Belgique
- 1er octobre 1830 : Capitaine-adjudant-major au 3ème Régiment de Ligne par Arrêté du Gouvernement provisoire.
- 30 novembre 1830 : Major honoraire, avec continuation des fonctions d'Adjudant-Major.
- 21 avril 1831: Mis en disponibilité par Arrêté du Régent.
- 17 mai 1831 : Placé à la suite du 9ème Régiment de Ligne et détaché à l'Etat-Major de la 4ème Division d'Infanterie.
- 24 juin 1831: Aide de camp du Général GOETHALS.
- 24 septembre 1831 : Major avec continuation des fonctions d'aide de camp, par Arrêté Royal.
- 27 juin 1832 : Chef d'Etat-Major à la 3ème Division par A.R.
- 30 juin 1833 : Major d'Etat-Major, par A.R.
- 26 mai 1837 : Lieutenant-colonel d'Infanterie, par A.R.
- 17 juin 1837 : Désigné pour le 6ème Régiment de Ligne, par disposition ministérielle.
- 16 décembre 1841 : Colonel par A.R.
- 15 mai 1846 : Général-major, par A.R.
- 16 mai 1846 : Désigné pour commander la 2ème Brigade de la 4ème Division d'Infanterie, par disposition ministérielle.
- 15 août 1847 : Désigné pour commander provisoirement la 4ème Division d'infanterie, par disposition ministérielle.
- 23 août 1847 : Désigné pour commander la 1ère Brigade de la 4ème Division d'infanterie, temporairement la 4ème Division d'Infanterie, par disposition ministérielle.
- 3 avril 1848 : Désigné pour commander temporairement la 4ème Division territoriale et d'Infanterie, par disposition ministérielle.
- 2 mai 1849 : Déchargé du commandement de la 4ème Division, par disposition ministérielle.
- 21 août 1850 : Désigné pour commander temporairement la 4ème Division territoriale et la 4ème Division d'Infanterie, par disposition ministérielle.
- 27 janvier 1851 : Désigné pour reprendre le commandement de la 1ère Brigade de la 4ème Division Infanterie, par disposition ministérielle.
- 8 mars 1854: Lieutenant-général, par A.R.
- 17 mars 1854 : Désigné pour commander la 1ère Division territoriale et la 1ère Division d'Infanterie, par disposition ministérielle.
- 30 mars 1855 : Ministre de la guerre, par A.R.
- 9 septembre 1857 : Démissionné, sur sa demande, des fonctions de Ministre, par A.R.
- 18 mars 1859 : Désigné pour commander la 2ème Division territoriale, par disposition ministérielle.
- 15 avril 1859 : Placé, sur sa demande, à la section réserve, par A.R.
- 19 août 1863 : Admis à faire valoir ses droits à la pension de retraite, par A.R.
- 21 septembre 1863 : pensionné, par A.R.
Campagnes contre la Hollande
1830, 1831, 1832, 1833, 1839.
Au début de sa carrière, Léonard GREINDL, jeune Sous-lieutenant au 41ème Bataillon de Milice national participe, le 18 juin 1815 à la bataille de Waterloo dans les rangs hollando-belges commandés par le Prince d'Orange.
En 1830, il passe au service de la Belgique et c'est à lui que se rend la garnison de la place forte de Charleroi le 5 octobre; il était alors Capitaine-adjudant-major au 3ème régiment de Ligne, délégué à Charleroi par le Lieutenant-colonel BUZEN, commandant de la province du Hainaut pour
le Gouvernement provisoire; il obtint que la ville fut livrée avec tout le matériel de guerre : les soldats hollandais déposèrent leurs armes dans l'arsenal et les Belges qui ne voulaient plus rester au service de la Hollande purent se retirer dans leurs foyers.
Léonard GREINDL fut en garnison dans diverses villes : à Mons vers 1835-1837, puis à Bruges, Arlon ...
C'est à lui que l'on doit la création du camp de Beverloo.
En 1855, il fut nommé Ministre de la Guerre dans le Cabinet de DECKER et le resta jusqu'à la chute de ce ministère en 1857. C'est en cette qualité qu'il présenta un projet pour la création d'un camp retranché autour d'Anvers, prévoyant la construction d'une ceinture de forts couvrant les faubourgs de Berchem et de Borgherout.
Les députés d'Anvers protestèrent, on négocia, et le gouvernement de DECKER fut renversé avant que les négociations concernant les forts n'aient abouti. Le projet GREINDL fut repris en 1858 par son successeur.
C'est en 1856 que le roi Léopold I lui accorde la noblesse et le titre de baron, transmissible par primogéniture masculine.
Extrait de la revue 'Le Parchemin', numéro spécial XXIV de décembre 1976, p. 41 :
'Soldat avant tout exclusivement dévoué à sa patrie et à la dynastie nationale, le Général GREINDL ne ressentait aucun attrait pour le rôle d'homme politique dominant. Il préférait l'exercice de son commandement, mais il céda devant d'augustes instances. Dans la position qu'on lui offrait au département de la Guerre, il y avait des services à rendre, du bien à accomplir et ces puissantes considérations l'emportèrent sur ses répugnances personnelles.
Sous son administration qui laissa des traces profondes dans l'armée, diverses mesures importantes, dues à son initiative, furent malgré une vive opposition, adoptées par les Chambres que sut convaincre sa parole loyale et consciencieuse'.
Après la chute du ministère le 9 septembre 1857, aucune place de divisionnaire n'était disponible et Léonard GREINDL n'eut pas de commandement.
Quand le Baron CHAZAL quitta la 4ème Division pour devenir à son tour ministre de la Guerre, Léonard demanda à le remplacer à la tête de cette unité, allant jusqu'à promettre de rendre cette division au Baron CHAZAL s'il venait à quitter le ministère. Le ministre se refusa à proposer cette désignation au Roi et lui donna la 2ème Division territoriale, alors que quatre ans auparavant, il commandait déjà une division d'Infanterie.
Il trouva qu'accepter cette place serait manquer de dignité, en appela au Roi sans succès et demanda à passer à la section de réserve, ce qui lui fut accordé le 15 avril 1859. Passer à la section de réserve pour un général veut dire qu'on n'exerce plus de commandement; cela équivaut donc à la démission. Cependant, en juin 1859, Léonard écrivit au Roi que dans les circonstances graves où se trouvait le pays, il accepterait n'importe quelle fonction où il put être utile.
Après sa retraite, Léonard GREINDL vécut à Bruxelles où il s'était fait construire une maison 10, rue Montoyer; il s'aperçut bientôt qu'il était perdu dans ce grand hôtel et alla vivre Porte de Namur, 7 avenue Marnix, où il mourut le 24 février 1875.
Léonard GREINDL possédait au plus haut degré les aptitudes et le tempérament d'un chef d'armée.
A première vue sa rigidité et son inflexibilité sous le rapport de la discipline semblaient écarter de lui la sympathie, mais l'austérité de son action était constamment dictée par une grande impartialité et un profond esprit de justice; en outre, la discipline était très relâchée dans l'armée à cette époque et il fallait la rétablir; on ne peut donc lui reprocher cette main de fer.
A cette sévérité qu'il pratiquait envers lui-même autant qu'envers les autres, il joignait le courage. Lors d'un combat, il commandait un détachement retranché dans une maison; par suite d'une erreur, cette maison fut attaquée par une troupe belge. Pour faire cesser la méprise, Léonard n'hésita pas à sauter de la fenêtre du premier étage dans les rangs des assaillants.
Il n'avait pas la fausse modestie de se savoir intelligent et de s'en cacher. Une de ses contemporaines, la Baronne de WILLMAR, citant Léonard GREINDL dans ses 'Souvenirs', le décrit comme 'un homme d'une urbanité sans égale et de grande distinction'.
Bien qu'apparaissant austère et rigide sur les lithographies qui le représentent comme ministre de la Guerre, c'était un homme d'une grande bonté, un père affectueux et plein de sollicitude.
Ses lettres à ses enfants, écrites dans un style direct et vivant, non dépourvu d'originalité, montrent la grande tendresse et l'intérêt qu'il leur portait. Son fils aîné, Jules, excellent sculpteur amateur, fit de lui un buste en marbre blanc, plus grand que nature qui est actuellement en la possession du chef de famille. Il en fit également un autre, plus petit et en bronze, qui a été donné par les descendants de la fille de Léonard, Marie WOESTE, au Musée de l'Armée.
Il épousa le 11 août 1834 Eléonore FOULLE, fille de Louis-Joseph et d'Anne-Françoise PONTHIEURE de BERLAERE, née à Molenbeek le 17 septembre 1799 et décédée à Ixelles le 27 avril 1884.
Ils eurent quatre enfants.

