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GreindlAssociation familiale
Portrait de Jules Greindl

4e génération · N° d'ordre 1631

Jules Greindl†

Jules Xavier Charles Joseph Léonard Greindl, baron puis comte

Naissance
7 septembre 1835 à Mons
Décès
30 juillet 1917 à Forest

Diplomate, sculpteur et polyglotte, ministre de Belgique à Berlin pendant près d'un quart de siècle.

Jules Xavier Charles Joseph Léonard Baron puis comte GREINDL, né à Mons le 7 septembre 1835, décédé à Forest le 30 juillet 1917.

Il resta toute sa vie très attaché à sa ville natale quoiqu'il n'y allât jamais.

Avec ses frères, il aimait à parler le dialecte montois. Il fit ses études primaires et secondaires à Mons, Bruges et Arlon. Après l'achèvement de ses humanités, il se présenta à l'université et le 11 août 1857, il obtenait son diplôme de Docteur en Droit.

Il réussit ensuite l'examen diplomatique avec grande distinction.

Il était doué d'une mémoire excellente et il étudiait à fond ce qu'il avait à étudier; ce sont ces facultés de mémoire et de travail en profondeur qui lui permettaient de parler quantité de langues vivantes comme l'anglais, l'allemand, le flamand, l'italien, l'espagnol, le russe, le turc, l'arabe ... et d'avoir retenu beaucoup de langues anciennes : latin, grec, hébreu, assyrien, phénicien ...; il savait si bien l'arabe que c'est en cette langue qu'il écrivait les notes confidentielles qu'il voulait conserver.

Très doué pour le dessin et la sculpture, il aurait voulu s'y consacrer entièrement; son père s'y refusa, non sans quelque raison sans doute, et il entra dans la carrière diplomatique.

Cependant, chaque fois qu'il en avait le loisir, il se livrait à son art d'agrément. Il exécuta de nombreuses oeuvres, prenant pour modèles ses enfants, sa femme, son père, son beau-père, des amis... et l'une ou l'autre oeuvre d'imagination.

Une de ses sculptures figura à l'exposition générale des Beaux-Arts à Bruxelles en 1878.

Il acheva le monument qui se trouve à la place Rouppe, pour rendre service au sculpteur pauvre à qui cette oeuvre avait été demandée et que la maladie avait empêché de finir dans les délais voulus.

Il sculpta jusqu'en 1888, date de sa nomination à Berlin, poste où il n'eut plus de temps à consacrer à l'art, bien « qu'au fond de l'âme, je sois sculpteur avant tout », écrit-il en 1880.

Voici la chronologie de ses nominations de poste en poste

  • 26 décembre 1857: nommé Attaché de Légation.
  • 27 mai 1855 : Attaché au Ministère des Affaires Etrangères.
  • 6 décembre 1855 : Réussi avec grande distinction l'examen de Secrétaire.
  • 10 décembre 1855 : Nommé Secrétaire de deuxième classe et Attaché à la Direction du Commerce et des Consulats.
  • 30 décembre 1856 : Envoyé à Athènes pour porter la ratification du Traité.
  • 26 décembre 1857 : Secrétaire de deuxième classe à Rome.
  • 10 décembre 1858 : Secrétaire de première classe.
  • 2 décembre 1859 : Secrétaire à Constantinople.
  • 8 octobre 1860 : Nommé Secrétaire à Paris (on ne trouve pas trace dans sa correspondance de ce séjour à Paris d'après les lettres que lui écrivait son père entre 1861 et 1864, il était à Constantinople jusqu'en 1862).
  • 1er janvier 1862 : Secrétaire à Saint-Pétersbourg.
  • 30 septembre 1864 : Chargé d'affaires en Suisse.
  • 1er mai 1866 : Conseiller de Légation.
  • 1er septembre 1867 : Ministre Résident à Constantinople et Athènes
  • 31 mai 1869 : Ministre Résident près des Cours de Bavière, Wurtemberg, Bade et Hesse grand-ducale.
  • 6 juin 1872 : Rappelé.
  • 18 octobre 1872 : Ministre Plénipotentiaire à Madrid aux appointements de 30.000 F.
  • 8 décembre 1873: Confirmé dans ses fonctions techniques à Paris.
  • 6 décembre 1876: En disponibilité sans traitement.
  • 22 octobre 1878 : Démission de ses fonctions à l'Association Internationale Africaine.
  • 10 mars 1879 : Ministre au Mexique.
  • 2 janvier 1881: Ministre à Lisbonne.
  • 25 avril 1888 : Ministre à Berlin.
  • 6 mai 1907 : Ministre d'Etat.
  • 21 mai 1912 : Déchargé de ses fonctions de Ministre à Berlin et admis à faire valoir ses droits à la pension de retraite.

Le premier séjour de Jules GREINDL comme Secrétaire à Constantinople est rendu extrêmement intéressant grâce au voyage qu'y fit en avril 1860, le Duc de Brabant, futur Léopold II, qui, curieux de tout, se l'adjoignit pendant le temps qu'il passa en Turquie.

Le prince fut « impressionné par les qualités de sérieux, de travail et de dévouement qui distinguaient son compagnon. Rentré à Bruxelles, il lui demandera des notes, des études, le chargera de commissions diverses ». Cependant, la vie de diplomate est difficile, les secrétaires de légation ne sont pas payés, ce qui impose aux parents de Jules des sacrifices que celui-ci, en « fils affectueux et reconnaissant souhaite abréger dans toute la mesure du possible ».

En 1867, il est nommé, à 32 ans, Ministre Résident à Constantinople; envoyé là à l'initiative du Roi, le ministère ayant préparé un arrêté pour Rio.

Jules GREINDL est ravi : « Les souverains ont rarement la gracieuseté de se souvenir aussi longtemps » écrit-il. Il est accrédité également à Athènes où il doit se rendre pour quelques temps et où il rencontre ... un complice qui a la tête remplie des mêmes fariboles que moi : langues orientales, métaphysique, sculpture, etc... En outre, il lit les écritures cunéiformes et m'y a fait prendre goût.

C'est le ministre de France à Athènes, le Comte de GOBINEAU'.

Il reste en Orient jusqu'en 1869 et quitte Constantinople pour Munich, où le ministère désire envoyer un représentant capable, à la veille de la guerre franco-allemande.

L'unification de l'Allemagne amène la suppression de ce poste en 1871 et le 8 décembre Jules GREINDL rentre à Bruxelles où il se voit confier aux Affaires Etrangères, la direction du Commerce et des Consulats.

Il aura là à mener à bien une affaire importante : le renouvellement du traité de commerce avec la France.

Juin 1874 le trouve ministre à Madrid.

Le Roi, qui désire pour son pays une colonie, le charge d'étudier la possibilité d'acquérir les Philippines, entreprise délicate, difficile. Jules s'y applique avec zèle et dévouement bien qu'il ne croie pas la chose réalisable; en effet, le projet échoue (voir 'A la recherche d'un Etat indépendant : Léopold II et les Philippines (1869-1875)' par Léopold GREINDL, Licencié en Histoire moderne, 1962).

Rappelé en Belgique en 1876, Jules GREINDL se voit offrir par le Roi le poste de Secrétaire général de l'Association Internationale Africaine; il l'accepte.

C'est une période de travail intense. Il doit organiser entre autres, l'expédition de CAMBIER vers le lac Tanganyika.

En janvier 1878, le Général SANFORD et lui-même sont envoyés par le Roi à la rencontre de STANLEY qui débarque à Marseille revenant du continent africain qu'il vient de traverser d'Est en Ouest; ils lui proposent de se mettre au service du Roi. Jules GREINDL reste la cheville ouvrière de l'A.I.A. jusqu'en décembre 1878 et démissionne... laissant son secrétariat général à STRAUCH. « Tels sont les faits ».

Petite anecdote : Un soir au palais, Léopold II, Jules Greindl et Stanley étaient en réunion de travail. Stanley dit au roi :

  • Sire, ce soir, vous pouvez boire à ma santé, c'est mon anniversaire !
  • C'est aussi celui de mon fils!, répondit Jules
  • Ah, quel âge a-t-il ?
  • 1 heure !

Paul venait de naître.

Avec une discrétion qui s'imposait, mais qui ne l'en honore pas moins, Jules GREINDL n'a laissé aucun texte, aucune confidence qui eût permis de les illustrer de façon plus précise.

C'est tout ce que nous savons du divorce survenu entre Léopold II et lui; le Roi ne l'en estimera pas moins, mais lui gardera, certains indices le prouvent, un petit coin de rancune.

Le voilà envoyé, le 10 mars 1879, à Mexico, poste lointain et sans grand intérêt où sa famille ne peut le suivre.

Il consacre ses loisirs forcés à la sculpture, à la philologie et écrit à sa femme des lettres très vivantes, décrivant les voyages plein de péripéties et même dangereux qu'il doit accomplir dans l'intérieur du pays, parlant des personnes qu'il rencontre, mais, malgré tout, désabusées : 'Je continue mon existence d'Indien Kikapoo.

Les Kikapoos sont des Indiens sauvages auxquels le gouvernement paie une toute petite pension pour qu'ils vivent à Mexico afin d'avoir la certitude qu'ils ne feront pas de mal ailleurs'.

Grâce à Jules DEVAUX et LAMBERMONT qui ne l'oublient pas, il est rappelé en Europe en 1880 et nommé en décembre à Lisbonne où il restera huit ans. Ce poste, grâce au Congo, dont le Portugal appuyé par la Grande-Bretagne, revendiquait l'embouchure, était devenu pour la Belgique un poste capital, et voilà Jules GREINDL de nouveau intimement mêlé à la politique africaine du Roi.

Mais ces questions lui laissent malgré tout des loisirs et à Lisbonne, il dessine et sculpte beaucoup; il y exécute, entre autres, une charmante statue de son fils Paul en Petit Poucet.

Son séjour à Lisbonne marque la fin de son activité de sculpteur, car en 1888, et grâce encore à LAMBERMONT, il obtient un poste digne de lui; on le nomme, le 25 avril 1888, Ministre plénipotentiaire auprès de l'Empereur et des Cours secondaires d'Allemagne.

Ce poste très important est à la mesure du 'représentant le plus efficace' de la diplomatie belge de l'époque.

La sûreté de son jugement, sa clairvoyance, son grand bon sens, sa perspicacité, le tact et la netteté avec lesquels il exprimait ses vues en faisait le conseiller très écouté, non seulement de ses collaborateurs, mais aussi de Bruxelles pour des affaires délicates sans rapport avec ses attributions.

Les différents diplomates étrangers accrédités à Berlin venaient aussi fréquemment le consulter.

'Le Baron GREINDL est aussi sûr qu'il est sage', disait le Prince Ferdinand d'Arenberg qui venait le voir souvent.

Jules GREINDL avait une manière bien à lui de rédiger ses dépêches, lesquelles étaient un 'modèle insurpassable et même inimitable du style diplomatique' dans une 'forme élégante, brève, claire, et nuancée'.

Il s'asseyait dans un fauteuil, fumant un cigare, apparemment perdu dans un rêve. Après un certain temps, il se levait et allait écrire, d'un seul jet, sans aucune rature le rapport complètement composé dans sa tête. La dépêche originale écrite de sa main était expédiée au Ministère, les secrétaires de la légation n'en faisaient la copie que pour les archives.

Le 23 décembre 1911, il envoie à Bruxelles une importante dépêche dans laquelle il analyse 'le danger allemand' qu'il voyait grandir chaque jour, mais dans laquelle il parle aussi d'un danger possible d'une invasion par le Sud. C'est en donnant lecture de cette dépêche aux députés lors de la séance secrète de la Chambre en 1912, que le ministre de BROQUEVILLE a pu obtenir la majorité des voix lors du vote sur la loi instituant le service militaire personnel.

En toutes occasions, Jules GREINDL pressait le gouvernement belge de réarmer; il prévoyait même que si une invasion se faisait venant d'Allemagne, elle serait annoncée par un ultimatum qui ne la précéderait que de peu, ou même pas du tout. En 1914, il eut l'amertume non seulement de voir ses prévisions se réaliser, mais aussi de voir l'occupant publier des extraits tronqués de sa dépêche du 23 décembre 1911 et placarder sur les murs de Bruxelles les paragraphes concernant seulement son analyse du danger de violation du territoire belge par les puissances de l'Entente Cordiale.

Les 25 années de son séjour comme ministre à Berlin ont été bénéfiques: 'avec lui et en partie grâce à lui, les relations germano-belges allaient croître et embellir dans tous les domaines ...', jusqu'à la rupture en 1914.

En 1910, le Roi Albert en voyage officiel à Berlin, apporte lui-même à Jules GREINDL le Grand Cordon de l'Ordre de Léopold.

Lorsqu'il eut atteint la limite d'âge, Jules GREINDL voulut prendre sa retraite, mais le Ministre le pria de rester encore, n'ayant personne pour le remplacer. Il renouvela plusieurs fois sa demande de retraite, sa vue baissant beaucoup, mais ce n'est qu'en mai 1912 qu'il fut autorisé à retirer ses lettres de créances; il quitta Berlin en juin. Le Roi lui offrit alors le titre de Comte; Jules GREINDL refusa d'abord, disant que baron pendant des années, il ne désirait pas changer de titre pour le peu de temps qu'il lui restait à vivre.

Le Roi insista, ne voulant pas le laisser partir sans lui offrir une distinction et qu'étant déjà Grand Cordon de l'Ordre de Léopold et Ministre d'Etat, la seule chose qu'il pouvait lui donner était un titre.

Puisque tel était le désir du Roi, Jules GREINDL accepta le titre de Comte avec droit de succession par ordre de primogéniture masculine et exemption des droits de chancellerie.

Extrêmement modeste, Jules GREINDL n'attachait d'ailleurs aucune importance aux titres et décorations.

De toute son allure se dégageait une impression de dignité et de bonté; d'une honnêteté absolue il 'ne disait jamais autre chose que la vérité'.

Sa charité était grande et son caractère noble et généreux : 'Si l'on a avancé les autres plus vite que moi ce n'est peut-être que justice. Il faut laisser juger ces questions-là par autrui, car si l'on s'en rapportait aux intéressés, chacun d'entre eux se mettrait certainement à la première place', écrit-il à sa femme de Mexico.

Foncièrement religieux, il observait les lois divines et de l'Église avec la plus parfaite conscience.

Il mourut le 30 juillet 1917 dans sa maison de Forest, construite pour lui par sa cousine Elisa BENARD et où il s'était établi à son retour de Berlin.

Jules GREINDL épousa le 5 mai 1863 Aurore-Emilie-Aline, dite Aline CORREA HENRIQUEZ de SEISAL, née à Copenhague le 14 avril 1840, décédée à Forest le 1er avril 1922, fille de José Mauricio CORREA HENRIQUEZ, Comte de SEISAL, Ministre du Portugal à Bruxelles et d'Alexandra STJERNVALL.

Ils fêtèrent leurs noces d'or à Forest en 1913, entourés de leurs enfant et petits-enfants et de la sympathie de leurs nombreux amis.

Le Roi Albert vint à cette occasion leur rendre visite.

Aline de SEISAL était d'une grande bonté et d'une charité active, traits dominants de son caractère.

Très jeune de coeur, elle resta gaie et enthousiaste jusqu'à la fin de sa vie, acceptant les épreuves et les souffrances avec une grande soumission à la volonté de Dieu.

Jules et Aline habitaient la grande maison de Forest, 125 rue du Château, rue qui devint ensuite rue Minerve avec le n°31 !

Jules et Aline GREINDL eurent huit enfants.

Distinctions

  • Grand Cordon de l'Ordre de Léopold avec liseré d'or
  • Grand Croix de l'Ordre du Mérite
  • Grand Croix de l'Ordre de la Couronne de Prusse
  • Grand Croix de l'Ordre de l'Aigle Rouge
  • Grand Croix de l'Ordre de Saint Michel de Bavière
  • Grand Croix de l'Ordre du Mérite d'Oldenbourg
  • Grand Croix de l'Ordre de Philippe le Magnanime de Hesse-Darmstadt
  • Grand Croix de l'Ordre du Faucon Blanc de Saxe-Weimar
  • Grand Croix de l'Ordre de Berthold I de Zaehringen de Bade
  • Grand Croix de l'Ordre de Henri le Lion
  • 1ère Classe de l'Ordre de la Couronne de fer d'Autriche
  • Grand Croix de l'Ordre de la Couronne de Roumanie
  • Grand Cordon de l'Ordre du Medjidié
  • Grand Cordon de l'Ordre de Charles III d'Espagne
  • Grand Cordon de l'Ordre de l'Etoile Polaire de Suède
  • Grand Cordon de l'Ordre du Christ de Portugal
  • Grand Cordon de l'Ordre de Notre Dame de la Conception de Villa Vicosa
  • Grand Cordon de l'Ordre de Frédéric de Wurtemberg
  • Grand Cordon de l'Ordre d'Albert le Valeureux de Saxe
  • Grand Cordon de l'Ordre de la Branche Ernestine de Saxe
  • Grand Cordon de l'Ordre d'Albert l'Ours d'Anhalt
  • Grand Cordon de l'Ordre du Lion de Zaehringen
  • Grand Cordon de l'Ordre de la Couronne de Wurtemberg
  • Croix d'Honneur de 1ère Classe de l'Ordre des Hohenzollern
  • Grand Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur de France
  • Grand Commandeur de l'Ordre de la Couronne de Bavière
  • 2e Classe de l'Ordre de Sainte Anne de Russie
  • Officier de l'Ordre du Saint Sauveur
  • Chevalier de l'Ordre de Saint Grégoire le Grand

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Sources et liens